| Il n'existe pas qu'un costume alsacien.
ll est très diversifié selon les contrées et peut changer d'un village à lautre. Il est vrai que les événements historiques depuis 1870 ont forgé limage de l'Alsacienne coiffée dun grand nud noir. Cest ce bonnet à grand nud de la Basse - Alsace qui est devenu le symbole national. En 1870 lAlsace devenue une province allemande, de nombreux alsaciens sexpatrient vers dautres provinces françaises. Pour montrer leur attachement à la France, ils ornent le nud de la cocarde tricolore. Le même phénomène se produit après la guerre 1914 - 1918. Après la guerre 1939 -1945, le costume alsacien fait de nouveau surface. Les jupes brunes, vertes, violettes sont remplacées par la jupe rouge, couleur du patriotisme ardent. Ce costume créé de toute pièce pour les besoins de la cause nest pas issu de la tradition paysanne. Il est au premier rang lors des défilés du 14 juillet daprès guerre. Autrefois les pièces des costumes se transmettaient de génération en génération. Elles étaient confectionnées pour durer toute une vie. Lintroduction dune nouvelle mode sétalait sur 30 à 40 ans dans les villages les plus éloignés de la ville. Elle était en fonction des moyens de communication, des occasions de rencontres aux grandes manifestations régionales et familiales ( foires, pèlerinages, mariages, etc.). Les costumes se façonnaient aussi daprès des données géographiques, ceux de la montagne étaient différents de ceux de la plaine : pour exemple : Vallée de la Bruche - costume vosgien). |
| Au fil de l'histoire, Celtes, Germains et Romains imposent leurs murs et leurs costumes aux habitants de toute lEurope Centrale.
Lan 1100 : les Croisades, la Chevalerie en 1365, les bandes de mercenaires marquent cette époque. Les Anglais traversent les Vosges. Ils portent des vêtements longs et bigarrés. En Alsace apparaissent, les bonnets pointus, les vêtements longs et les costumes multicolores. En 1375, des bandes de pillards, venus de Bretagne, portent des coiffures du genre capuchon de moines. Au milieu du XVème siècle, les Strasbourgeois portent des souliers à bec, des petits manteaux, des justaucorps très courts, des chaussures longues, des chapeaux petits et ronds rattachés par des lacets. Les dames portent de longs manteaux à traîne, à décolletés profonds, des chapeaux à voile, des ceintures métalliques dorées ou argentées, des chaussures à semelles de bois rigide. A la campagne, on confectionne des habits à la mesure de ses moyens et besoins dans des étoffes simples ( laine, lin, tissu grossier ). Les costumes sont faits pour durer. Jusquau XVIIIème siècle, ces tenues évoluent parallèlement à celles de la ville, mais plus lentement. |
![]() "La Belle Strasbourgeoise" par Jean-Pierre d'AIGREMONT Coiffe à becs portée par les riches patriciennes de Strasbourg au XVIIIème siècle. (Peinture 50 x 65 cm) Collection particulière © Jean-Pierre d'AIGREMONT |
![]() "La belle Strasbourgeoise" Tableau de Nicolas de Largillière représentant une jeune patricienne de Srasbourg, début du XVIIIème siècle. La coiffe est un bicorne de feutre noir, décoré de dentelles noires. |
| La chemise : est blanche avec un boutonnage au cou, des manches longues ou trois quart bordées de dentelles nouées avec un ruban.
La collerette : recouvre lencolure, elle est en lin ou tricotée, elle est carrée ou arrondie selon la région, bordée de dentelles assorties à celles du corsage. La jupe : est marquée par les différences religieuses, par sa longueur, sa couleur et sa décoration. Le jupon dépassant de 5 à 10 cm provoque la colère des ecclésiastiques. Chez les protestants, cest le "Rock" souvent plus court chez les vieilles femmes que chez les jeunes filles. Chez les catholiques cest la "Kutt" nettement plus longue. Au début du XVIIIème siècle la jupe devient bicolore. Le haut nayant pas la même couleur que le bas : vert - bleu - rouge, vert - noir pour le deuil. A partir de 1830 la couleur de la jupe est dune seule teinte. Celle-ci varie selon la religion et les circonstances. |
![]() Planche coloriée de Charles Emrich. Costume catholique du Kochersberg en 1830 |
![]() Planche coloriée de Charles Emrich. Costume protestant du Kochersberg en 1830 |
![]() Plastron du Pays de Hanau datant du XIXème siècle. |
![]() Plastron du XXème siècle garni à l'ancienne |
![]() Coiffe ancienne posée sur un châle en tissu moiré deux teintes (cuivre et vert), on aperçoit aussi une partie du tablier (bleu) et le haut du plastron garni de verroterie bleue. |
![]() Superbe plastron, corselet en velours noir à motifs rouges, tablier violet noué sur le devant, châle en tissu noble deux teintes (or et cuivre). |
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Il évolue en sadaptant à la mode française.
Les hommes revenant des campagnes militaires, y intègrent maintes pièces duniforme telles les rangées impressionnantes de boutons ornant vestes et gilets. La chemise : Aux XVII et XVIIIème siècles, les paysans portent de longues chemises en lin, collerette à lespagnole. Le jabot est remplacé dès 1830 par un col étroit et empesé. Le devant de la chemise, non boutonnée est noué ou fermé par une boucle dargent ou de plomb de formes variées. Certaines chemises sont courtes, plissées en petits plis ornés de broderies. Les manches sont longues, plissées, fermées aux poignets par des agrafes. Un ruban de soie noire, non noué, fait deux fois le tour du cou pour se glisser dans le fermail. Plus tard le col devient souple et peut se rabattre. Les hommes célibataires rabattent ce col sur un foulard de soie ou de taffetas noir enroulé deux fois autour du cou et noué devant par un nud double. La culotte et les guêtres : La culotte de velours noir, en bombasin noir ou de couleur se ferme sous les genoux par des jarretières ou des rubans de velours. Il arrive quelle soit confectionnée en cuir de cerf fauve comme dans le Pays de Bade. Jusquau XVIIIème siècle le paysan porte, comme les soldats, des bottes molles à revers, rattachées à la culotte. Puis elles sont remplacées par les guêtres de lin blanc, boutonnées sur le côté. Le jour des fêtes, les guêtres sont blanches. En semaine, aux champs, elles sont grises ou bleues. Vers 1830 les hommes portent des bas blancs tricotés main avec des chaussures à boucles. Le pantalon : introduit par la Révolution est étroit en drap ou en bombasin noir, vert foncé ou brun. Dans certaines régions il se boutonne sur chaque jambe par une trentaine de petits boutons métalliques. La coupe du pantalon est élégante et rappelle luniforme de cavalerie du 1er Empire. A partir de 1840 le nombre de boutons diminue, il devient plus large, monte plus haut et se ferme comme le pantalon des marins. Deux ou trois nervures ornent les côtés. Il se porte avec des bretelles. Le jour de fête les hommes enfile un pantalon blanc en toile, sans bouton. Les chaussures : Les paysans se chaussent de bottes de cuir fixées à un bouton du pantalon. Plus tard les chaussures deviennent basses à talons larges et se lacent. Pour les travaux des champs, on met des sabots. Le gilet : est la pièce maîtresse du costume masculin. Son origine remonte à la sanglante Guerre des Paysans du XVIème siècle. Il nest alors quun morceau de tissu rouge porté sur la poitrine par les hommes de la campagne. Il protège du froid. Dès 1780, ce morceau de tissu se façonne et devient un gilet à revers et à multiples boutons. Les anciens gilets rouges comportent deux rangées de 10 à 20 boutons dacier, puis dorés. La pièce du dos est parfois de la toile de lin écru. Si les jeunes gens portent le gilet rouge, les vieillards préfèrent le gilet de velours sombre. La redingote et la veste : Dès le XVIIème siècle, pour se protéger du froid, les paysans revêtent une redingote longue et montante en bombasin ou drap noir, brun, bleu ou en toile blanche et même rouge dans le Sundgau. Elle est fendue jusquà la taille et a de grandes poches. Dans le nord de lAlsace, le dimanche pour aller à léglise, aux grandes occasions, les hommes dâge mûr la portent encore au XXème siècle , Vers 1820 les petites vestes courtes font leur apparition. Elles sied mieux au pantalon. La blouse : Afin de protéger la veste, les paysans mettent une blouse ample en toile bleu foncé ou en coutil gris. La blouse est plutôt courte, décorée de broderies blanches et rouges, vertes à lencolure, sur les épaules et les poignets. Elle se ferme devant chez les protestants, sur lépaule gauche chez les catholiques. Bien quelle soit une blouse de travail, elle se porte aussi en été, le dimanche à léglise. Ce vêtement masculin habille les villageois avec sobriété et leur confère caractère et dignité. Il est adapté à chaque âge de la vie et à chaque circonstance. Chapeaux, bonnets et casquettes : Sans son couvre-chef le paysan nest rien. En franchissant le seuil de sa maison, il décroche son chapeau. Il le met pour les offices et les réunions, pour saluer son voisin et même à lauberge il le garde sur la tête. Dès le XVIIème siècle le chapeau est en feutre noir à larges bords. Vers la fin du siècle apparaît le tricorne. Celui-ci est suivi par la mode de la calotte arrondie entourée de passementerie, munie de boutons de corne ou de boucles dargent. Ce qui permet de relever et de fixer les larges bords de différentes manières. Cette coiffe se porte avec la redingote longue. Durant un laps de temps le chapeau à pois est à la mode. Il est raide et laqué, au bord relevé en arrière, garni de rubans noirs, de couleur, de velours fleuri, flottant dans le dos. Ce chapeau est très fragile. Suivent le chapeau à bord relevé à larrière moins encombrant, la casquette en poils de phoque, la toque en poils de putois ou de martre. Les hommes portent aussi le pittoresque bonnet tricoté à pointe plus ou moins longue "Zepfelkapp", comparable à un bonnet de nuit. En été le bonnet est blanc en coton, la pointe ajourée et bornée de motifs décoratifs ou de dentelle. Dans la vallée de la Bruche, ce bonnet, d1m de long, sert de mesure. Les paysans le portent à toutes occasions, même pour le bal à la fête du village. Arrive enfin la calotte en laine frisée grise ou noire, avec les bords également tricotés. Finalement, à la fin du XIXème siècle, les paysans adoptent le chapeau noir à bord raisonnable et à calotte plate.
Divers costumes masculins. |